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Donner au vélo la place qu'il mérite, en ville et ailleurs

27/04/2020 à 09h39

Le gouvernement français a présenté son Plan vélo en septembre 2018. Objectif ? Multiplier par trois la part de la bicyclette dans les déplacements quotidiens des Français et atteindre plus de 10% d?ici 2024.

Il a défini vingt-cinq mesures, qui concernent aussi bien le développement du réseau routier que l'amélioration de la sécurité, la lutte contre le vol et l'apprentissage. La France est en effet très en retard par rapport à nombre de ses voisins, du Nord en particulier. Il suffit de sillonner les rues des villes françaises pour constater que les vélos y sont aujourd'hui plus nombreux qu'il y a une petite dizaine d'années. Bon marché, bon pour l'environnement, bon pour la santé, il ne manque en effet pas d'arguments. Et pourtant, même si le nombre de cyclistes a effectivement augmenté, le vélo ne représente encore que 3% des déplacements quotidiens en France aujourd'hui.

Donner au vélo la place qu'il mérite, en ville et ailleurs

Selon le ministère de la Transition écologique et solidaire, cette proportion était encore de 10% en 1970. C'est à la fin des années 1960 que le voiture-toute-puissante a affirmé son emprise, les villes s'organisant autour d'elle pour lui permettre de circuler, partout et le plus rapidement possible. La construction des voies sur berge et du boulevard périphérique à Paris en sont deux parfaites illustrations. Résultat de cette auto mobilisation de la société tricolore : 70 % des Français prennent aujourd'hui leur voiture pour aller au travail. D'aucuns avanceront que beaucoup parmi eux n'ont pas d'autres choix et que si circuler à vélo en ville est possible, c'est plus compliqué ailleurs. Une étude de l'Insee révèle cependant que 58% des trajets effectués en voiture sont inférieurs à 1 kilomètre, les trois quarts (74 %) à cinq. Et à moins peut-être d'habiter en haute montagne, en quoi est-il plus difficile de parcourir 1 kilomètre à vélo hors d'une ville, surtout avec un vélo à assistance électrique qui gomme efficacement relief et vent de face ?

L'État planifie et finance

Pour que le vélo devienne une habitude dans les déplacements quotidiens, le gouvernement a établi vingt-cinq mesures, qui devront porter leurs fruits d'ici à 2024. Ce plan est assorti d'une enveloppe de 350 millions d'euros sur sept ans, soit 50 millions chaque année. Cet argent sera plus particulièrement utilisé pour assurer la continuité des pistes cyclables lorsqu'elles sont interrompues par un carrefour, une voie ferrée, une rocade ou un échangeur. Ce type de travaux d'aménagement est en effet très lourd et coûteux et l'aide de l'État ne peut que contribuer à leur réalisation.

Parmi les autres mesures préconisées par ce plan vélo figurent notamment celles qui concernent la sécurité des cyclistes. L'État a ainsi décidé de rendre obligatoire la création de sas en amont des feux de circulation, indiqués par un marquage au sol, et ce dans toutes les communes. Le double sens sera quant à lui généralisé pour toutes les voies communales dont la vitesse est limitée à 50 km/h.

Puisque le vélo, « ça ne s'oublie pas », encore faut-il avoir appris « à en faire ». Le plan de gouvernement prévoit par conséquent la généralisation de l'apprentissage du vélo à l'école, afin que tous les enfants sachent circuler à deux-roues lors de leur entrée en 6e.

Les utilisateurs de bicyclettes, en ville en particulier, sont souvent confrontés à deux écueils, parfois rédhibitoires : le vol et l'impossibilité de se garer. Contre le premier, le marquage des vélos va être imposé, d'abord sur les neufs, puis sur ceux d'occasion. Un fichier national sera constitué pour que les forces de l'ordre puissent procéder à des contrôles. Contre le second, l'État va demander à la SNCF de construire des parkings sécurisés, tandis que les communes n'auront aucune obligation à le faire. Autre mesure-phare : la création d'une indemnité vélo prise en charge par les entreprises, appelée « forfait mobilité durable ». Facultatif, ce forfait pourra s'élever à 400 euros dans le privé et à 200 euros dans le public à partir de 2020.

Des situations qui diffèrent d'une ville à l'autre

C'est la première fois que l'État français débloque une telle somme au profit du vélo. Cette volonté politique suffira-t-elle à imposer la bicyclette comme moyen de transport de tous les jours ?

Il s'agit en effet d'un signal fort, mais qui ne suffira pas. L'enveloppe globale octroyée ne représente en effet que 0,7 € par an et par habitant, alors que Grenoble, une ville de 445 000 personnes, dépense 4 millions chaque année pour ses infrastructures cyclables. C'est-à-dire 9 € par an et par habitant. Nantes (630 000 habitants) consacre quant à elle environ 8 millions au vélo, soit 12 € par personne chaque année, et Paris (2,2 millions d’habitants) 25 millions par an, soit 11,4 € par habitant. Les autorités locales ont donc un rôle primordial à jouer, notamment parce qu'elles sont au plus près de leurs administrés et qu'elles connaissent mieux leurs habitudes ou leurs attentes.

Un rôle essentiel mais une fois encore non suffisant, car au final ce sont toujours les habitants qui décident, ou non, de prendre leur vélo plutôt que leur voiture.

Ainsi, malgré les efforts financiers consentis par la municipalité parisienne, les retombées en termes d'utilisation du vélo ne sont pas exceptionnelles : seuls 4,1 % des actifs y vont travailler à vélo. Cette proportion est de 5,9% à Lyon et à Angers, de 7% à Tours, 11,8% à Bordeaux et même de 15,20 % à Grenoble et 16% à Strasbourg. À l'opposé, les Marseillais sont seulement 1,5% à enfourcher leur bicyclette pour se rendre au travail.

On pourrait facilement avancer que les Alsaciens ont un comportement proche de celui des pays du Nord — Allemagne voisine, Danemark, Pays-Bas… —, alors que les Marseillais se rapprocheraient de celui des Méditerranéens, globalement plus réticents à laisser leur voiture. Mais ce n'est pas si simple, puisque 6,6 % des Montpelliérains et 7% des Toulousains utilisent chaque jour leur vélo, soit plus que les Parisiens. Une proportion qui atteint 19% à Parme, en Italie, un niveau équivalant à celui d'Amsterdam (20%), aux Pays-Bas.

Des Parisiens encore trop réticents

A Paris, 27 % des pistes cyclables ont été aménagées. Au total et en 2019, un tiers seulement des pistes cyclables ont donc été aménagées, alors que 90 % de la mandature sont déjà écoulés. Cependant, Paris en Selle note que les objectifs de stationnement sont atteints et que 10 000 places ont bien été aménagées. À tel point que la municipalité a prévu une seconde vague d'aménagements. Momentum Electric, spécialiste dans la distribution de vélo électrique se tient prêt pour cette évolution. 

Un sondage Ifop/WWF France publié en juin 2018 révèle que 83 % des Français interrogés sont favorables à une augmentation de la place accordée au vélo en ville. Peut-être ces femmes et ces hommes passeront-ils un jour de la parole aux actes. Auquel cas tous les espoirs sont permis.

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