Après un début de saison réussi en Australie, l’équipe belge Lotto-Belisol fera sa rentrée sur le continent européen, ce week-end à Majorque. Acteur majeur du « train Greipel », Vincente Reynes aura cette fois l’occasion de jouer sa propre carte à domicile. L’Espagnol s’est entretenu avec Cyclism’Actu lors de la présentation, jeudi, du Challenge de Majorque. A 30 ans, Reynes s’épanouie au milieu des belges et compte bien prouver qu’il est plus qu’un simple équipe. A lui de le prouver cette semaine sous le soleil majorquin.
Vicente, quel début de saison pour Lotto-Belisol, trois succès, ça promet…
Oui, j'ai débuté ma saison en Australie, sur le Tour Down Under, où j'ai travaillé pour l'équipe et c’est vrai que ce sont de sacrés débuts puisque André Greipel a remporté trois succès. L’objectif de l’équipe, Lotto-Belisol, était de faire un gros début de saison et je pense que c’est déjà réussi. On ne pouvait franchement pas espérer mieux. Ici, à Majorque, André n’est pas là, mais nous pourrons compter sur notre second leader, Jurgen Van den Broeck.
« Passer la montagne, ça m’ouvre des opportunités »
Sans Greipel, vous aurez sans doute l’occasion de jouer votre propre carte, non ? Oui tout à fait, l'équipe me fait confiance et quand les circonstances de courses le permettent, je peux jouer mon va-tout. L'année passée, j’ai ainsi pu finir second et quatrième sur des étapes de la Vuelta, je ne suis pas passé loin. Lorsque que je courrais à la Caisse d’Epargne j’étais déjà le sprinteur de l’équipe mais après j’ai rejoint HTC et j’ai du travailler pour Cavendish et Greipel. Aujourd’hui, chez Lotto-Belisol, j’ai plus de libertés. J’aime la victoire et j’ai envie de me battre pour cela. Je sais que je pourrais avoir ma chance et c’est ce qui me motive.
Vous avez aussi la chance de bien passer la montagne, pour un sprinteur c’est un sacré avantage… Oui je suis assez bon grimpeur, pour la moyenne montagne tout du moins, ce qui me permet de pouvoir bien figurer sur certaines courses, André Greipel est, lui un pur sprinteur. Mais si jamais l’étape et un peu sélective, je peux m’accrocher et être l’un des rares sprinteurs encore présent. Ça m’ouvre des opportunités. Mercredi, pour le Trophée Deia, vous arriverez chez vous, dans votre village, difficile d’être plus motivé que vous on imagine, non ?
Avant tout, je veux être l’un des protagonistes de ce Challenge de Majorque, peu importe les manches. Je me suis bien préparé et je me sens bien. En 2007, j’avais gagné une étape (le Trophée Cala Millor) et j’espère bien rééditer cela cette année. Mais bon ce sera dur, surtout à Deia car c’est très vallonné. Il y aura un gros plateau avec Valverde, qui est déjà en grande forme, Franck Schleck, qui me semble très bien, et de nombreux autres coureurs très forts. Nous verrons bien, mais je donnerais le maximum.
« Un programme chargé et de qualité »
Quelle sera la suite de votre programme ? J’ai un programme de début de saison bien chargé et de qualité avec l’Omloop Het Nieuwsblad, Kuurne-Buxelle-Kuurne, Tirreno-Adriatico, Milan-San Remo et toutes les classiques Flandriennes, Paris-Roubaix et l’Amstel Gold Race. On ne vous verra donc pas beaucoup en France… Non, à part Paris-Roubaix. C'est dommage car j'ai de très bons souvenirs en France, notamment avec ma victoire sur Paris-Nice. J'aime bien courir en France il y a toujours de l'action, les coureurs français attaquent beaucoup et j'aime cela.
Propos recueillis par Patrick Guino à Majorque (avec Alexandre Rolin)
Photos : Patrick Guino