Pour sa deuxième chronique, actualité oblige, Cyrille Guimard ne pouvait ne pas aborder le cas Contador qui s’est joué, ce lundi, avec l’annonce de sa suspension pour deux ans et la perte de toutes ses victoires dont celle sur le Tour de France 2010. C’est simple, toute cette journée, Guimard a enchaîné les interventions sur Sport +, Infosport +, BFM TV ou encore sur RMC pour faire part de son avis sur la question. Reste « La Chronique Guimard » où rien de plus dans son analyse, me direz-vous ! Détrompez-vous, Cyrille vous a réservé quelques petites singularités, propre au sort de Contador. Sans oublier aussi d’évoquer ce début d’année 2012 sur les routes avant que ne disputent prochainement, début mars, les deux premiers grands rendez-vous de la saison avec Paris-Nice et Tirreno-Adriatico. « La Chronique Guimard », deuxième volet, c’est à lire ci-dessous sans modération !
Le sort d’Alberto Contador, un tort pour le vélo ?
« Je ne vais pas être langue de bois. Non, cela ne va pas faire du tort au cyclisme cette annonce de la suspension de Contador car le tort, comme vous dites, le mal est déjà fait depuis longtemps et depuis trop longtemps. Cette affaire dure depuis plus d’un an, depuis plus de 560 jours avec chaque semaine son feuilleton de désinformation. La sanction aurait pu tomber depuis des mois mais non. Tout cela parce que les politiques s’en sont mêlés comme le Premier ministre espagnol Zapatero ou encore le Ministre des sports. Du coup, cette histoire s’est éternisée. Ces politiques voulaient que Contador soit blanchi alors que les instances mêmes du sport espagnol l’avaient condamné à un an de suspension. Il ne faut l’oublier ça tout de même ! Aujourd’hui, la décision a été prise, la sanction a été donnée alors qu’elle aurait pu être annoncée en temps et en heure. Cela, c’est bien dommageable et seulement. Il y en a un, par contre, qui a dû sabrer le champagne, c’est l’organisateur de la Vuelta car Contador ne pourra faire qu’un grand Tour en 2012, ce sera le Tour d’Espagne puisque le coureur espagnol pourra reprendre la compétition à partir du 5 août prochain. Plaisanterie mise à part car cette histoire ne me fait pas trop rire, je trouve, franchement, que cette sanction est logique. Car, rassurez-moi, personne n’a pu croire un instant à cette soit disante mauvaise viande ! Il ne faudrait pas oublier que si les instances internationales, l’UCI et le Tribunal Arbitral du Sport ont prononcé deux ans de suspension au final, c’est qu’il devait y avoir quelques choses de solide dans ce dossier. Zapatero nous disait il y a quelques mois qu’au vu du dossier, Contador n’était pas condamnable. Cela ne voulait pas dire qu’il était innocent. Mais sous prétexte que Contador est une star du peloton, il devait être intouchable. Alors, la suspension de Contador, je dis bravo. Je dis bravo au cyclisme qui est très fort et qui a fait preuve de force en allant jusqu’au bout de la procédure sans céder aux pressions d’où qu’elles viennent. Car, ces derniers temps, on était dans une vaste campagne de désinformation de « Plus moche la vie ». Alors, oui je dis bravo à cette décision car personne n’est à l’abri même une star du peloton. Et cela, c’est bien pour notre sport, le cyclisme ! »
GreenEDGE, Omega Quick Step et les forces en présence
« Ce début de saison, c’est simple, je l’ai trouvé assez conforme à ce que l’on pouvait attendre. Les grosses écuries sont là et bien là. On a pu le voir, par exemple, sur le Tour Down Under ou encore sur le Tour de San Luis en Argentine. Et cela devrait continuer tout au long de ce mois de février jusqu’aux deux premiers grands rendez-vous de la saison, dès mars, que sont Paris-Nice et Tirreno-Adriatico. Ce qui m’interpelle, toutefois, ce sont que toutes les équipes, tous les coureurs sont déjà au rendez-vous. C’est, sans doute, l’effet World Tour et la course aux points car il en faut si l’équipe veut garder sa place dans l’élite. Bref, il n’y a plus de courses au rabais, il n’y a plus d’épreuves de préparation. Les leaders sont présents et déjà prêts. Les équipiers sont déjà très forts alors qu’on les attend plus sur les Classiques Ardennaises, Flandriennes et les courses qui s’en suivent. J’observe tout cela attentivement et j’espère que nous n’aurons pas de mauvaises surprises. Reste que pour le spectacle, pour les organisateurs, c’est parfait. Mais je veux être clair, je ne porte aucun jugement sur ce nouveau cyclisme à l’ère de l’internationalisation et aux performances de chaque instant et sur chaque course. J’observe tout simplement et on verra bien par la suite. »
Deux grand rendez-vous : Paris-Nice et Tirreno-Adriatico
« Oui, j’ai hâte qu’on y soit car ces deux premières courses à étapes sont le grand lancement de la saison pour les cadors en général. N’oublions pas que les plus grands, Jacques Anquetil, Eddy Merckx et bien d’autres ont remporté Paris-Nice. Sur le Tirreno et « La course au soleil », on va retrouver les coureurs des Classiques qui aiment le froid et qui vont animer les courses du printemps. Est-ce qu’on verra déjà les leaders qui visent les grands Tours à leur aise ? Soient les Schleck, Leipheimer, Evans et autres, je ne crois pas ! Par contre, parce que nous sommes dans un cyclisme en pleine évolution, ces deux épreuves vont être un grand événement pour beaucoup de coureurs, en particulier, pour les Français. Il va y avoir, et j’en suis persuadé, une grande bagarre pour aller remporter les étapes. Tout simplement parce que c’est une course ASO, l’organisateur du Tour, et que se jouent déjà les Wild Card pour juillet prochain. Les équipes françaises, qui sont toutes en deuxième division et qui attendent une invitation ASO pour le Tour de France, vont vouloir marquer des points et les esprits. Sur Bessèges, on parlait déjà des invitations pour la Grande-Boucle, c’est dire ! Alors sur Paris-Nice, ce sera logique de voir les coureurs français à l’avant et à l’attaque. Quant au Tirreno-Adriatico, les performances de tels ou tels coureurs ne passeront pas inaperçues. Bref, oui, quand le mois de mars arrive, ce sont les choses sérieuses qui comment pour le peloton ! Cela promet, j’en suis convaincu ! »
Propos recueillis par Emmanuel POTIRON (avec Alexandre ROLIN et Sébastien WAREGNE)
Photos : Sirotti