En remportant ce dimanche l'Etoile de Bessèges, Jérôme Coppel a lancé sa saison 2012 de la meilleure des manières possibles. A 25 ans, le Haut-Savoyard continue de prendre de la caisse au fil des mois. Quatorzième (désormais 13e) du Tour de France en 2011, le leader de la Saur-Sojasun a écrasé le contre-la-montre en côte final, à Bessèges, lui permettant de se hisser en tête du classement général de l'épreuve. Outre, ces deux belles victoires individuelles, Coppel retient également la performance collective de sa formation Saur-Sojasun. Il espère évidemment que lui, tout comme ses coéquipiers, vont poursuivre cette lancée en ce début d'année, avec comme premier grand rendez-vous, le Paris-Nice. Cette même 'Course au Soleil' à laquelle ils n'avaient pu prendre part l'an passé. C'est donc avec l'objectif d'y briller, mais aussi, dans un second temps, d'y séduire Amaury Sport Organisation, que Jérôme Coppel et ses compagnons se rendront sur Paris-Nice. Car une fois encore, le Tour de France sera le grand objectif de l'année, et le leader de Saur-Sojasun assure qu'il peut être encore meilleur pour l'équipe bretonne que celui de 2011.
Jérôme, à tête reposée, quel goût vous laisse cette victoire sur l'Etoile de Bessèges ?
C'est très satisfaisant. C'était une semaine éprouvante de par les conditions climatiques notamment. Ce n'était vraiment pas facile. Ce que j'en retiens, c'est bien sûr la victoire, mais aussi la performance collective de l'équipe. Tout le monde marchait très bien. On a vu Stéphane Poulhiès gagner, Anthony Delaplace prendre le maillot de meilleur jeune, et Saur-Sojasun remporter le classement par équipes. On a aussi été l'une des rares formations à finir au complet, donc c'était une super semaine pour l'équipe.
Vous êtes-vous contentés de gérer jusqu'au contre-la-montre de la dernière étape ?
Non, j'ai tout de même essayé avant. Dès la première étape, j'ai essayé de sortir dans le final. Nous étions quatre mais c'est finalement arrivé au sprint. Ensuite, dimanche matin, je suis ressorti dans un groupe de contre d'une dizaine de coureurs avec Jonathan Hivert. Donc, j'ai tout de même tenté d'aller gagner une étape et de reprendre du temps. Pierre avait 20 secondes d'avance, donc ce n'était pas gagné avec le chrono.
Etiez-vous malgré tout confiant au moment d'aborder le contre-la-montre ?
Oui, j'étais confiant. Je savais que la forme était là. Je visais avant tout la victoire d'étape et je savais que Taaramae ou Fedrigo allaient être mes principaux adversaires. Après, concernant le général, je n'étais sûr de rien. Car, reprendre 20 secondes en 9 kilomètres, ce n'était pas gagné d'avance, surtout que Pierre marchait bien et il l'avait prouvé en gagnant une étape.
Votre performance individuelle et collective, c'est en tous les cas un bon signe pour la suite de la saison ...
Je l'espère oui. En tous les cas, c'est bon pour la confiance. Cela prouve que l'an passé, avec le Tour et toutes les grosses courses que nous avons fait, nous avons progressé. Cela prouve que la préparation hivernale a été bonne. Tout le monde est performant et c'est surtout bon pour la confiance. Cela enlève un peu de pression avant les grands-rendez-vous.
« Refaire un top 10 à Paris-Nice »
Justement, quel va être votre programme à présent ?
Je vais participer à la Ruta del Sol, à la Clasica Almeria et ensuite à Paris-Nice.
On vous imagine satisfait de retrouver Paris-Nice...
Oui, c'est une grosse satisfaction. L'année dernière, j'étais vraiment en pleine forme à cette periode là et malheureusement nous n'étions pas invités. Cette année, nous avons la chance d'y être. J'espère que les conditions climatiques seront quand même bonnes et que je pourrai faire un bon résultat.
C'est à dire ? Un top 10 ?
Oui, tout à fait. Si je peux refaire un top 10 comme il y a deux ans, ce serait déjà bien. Après, il faudra voir selon les circonstances de course.
Avez-vous également des ambitions pour la Ruta del Sol ?
Le problème, c'est que je ne cours pas beaucoup. Donc quand je reprendrai sue la Ruta del Sol, cela fera 15 jours que je n'aurais pas couru. Je serai plutôt en fin de phase de travail donc il me faudra un ou deux jours pour vraiment retrouver le bon coup de pédale. Maintenant, je vais vraiment là-bas sans pression, et au départ, sans viser le général. Ce sera au fur et à mesure des étapes que je fixerai mes objectifs.
Pour en revenir à Paris-Nice, c'est aussi la prochaine étape pour convaincre ASO de vous sélectionneur pour le Tour...
Bien sûr que Paris-Nice est important dans cette logique. Après, de notre côté, si on se rend là-bas, ce n'est pas spécialement pour prouver à ASO quoique ce soit. Nous y irons pour marcher, pour montrer que l'équipe progresse, que l'on est dans le juste au niveau des entraînements et du collectif. Forcément, si le résultat est au bout, ajouté au début de saison que l'on est en train de faire, je pense que ça nous ouvrira les portes du Tour. Le Tour où je pense que l'on est capable de faire encore mieux que l'année dernière.
Enfin, ça vient de tomber. Contador est suspendu et perd ses résultats acquis depuis début 2011. Vous êtes donc vainqueur du Tour de Murcie 2011 ...
Oui, j'ai entendu cela, mais pour moi, il était présent sur la course. Il l'a gagné, c'était le plus fort et la victoire reste à lui.
Propos recueillis par Alexandre Mignot
Photos : Sirotti