Il a animé la fin de saison dernière avec ses performances sur la Vuelta. Il a longtemps hésité à mettre un terme à sa carrière. Mais, finalement, David Moncoutié est toujours là, reparti pour un tour, et ce pour le plus grand bonheur de ses supporters et des amoureux du vélo. Coureur emblématique de l’équipe Cofidis, le grimpeur français a marqué de son empreinte le peloton avec son joli petit lot de victoires. À la clé des étapes de montagne, des classements généraux sans oublier son désormais fidèle maillot de grimpeur du Tour d’Espagne, qu’il a remporté pour la quatrième fois avec, s’il vous plait, une victoire d'étape en prime ! Et cette saison, bien que toujours réservé, David Moncoutié affiche les mêmes ambitions. Pour sa seizième année chez les Pros, il a bien l’intention de faire aussi bien voire mieux, avec le souhait de briller sur la prochaine Vuelta. Quant au Tour de France ? Cela semble terminé pour cette année même si Juillet est encore loin… À l’occasion de la présentation officielle de l’équipe Cofidis, David Moncoutié s’est confié à Cyclism’Actu. Entretien.
Bonjour David, depuis combien de temps êtes-vous dans le peloton désormais ?
J’attaque tout juste ma seizième année !
Et quels seront vos grands objectifs pour cette seizième année ?
Le premier objectif qui me vient à l’esprit, c’est la Vuelta. J’ai remporté quatre maillots de la montagne, et si j’en décrochais un cinquième, j’égalerais le record, donc cela me donne un défi pour cette année 2012. Mais je veux aussi inscrire de nouvelles courses à mon palmarès, toutes les victoires sont bonnes à prendre.
« Le Dauphiné et la Vuelta, j’aimerai bien y marcher »
Avez-vous plus envie de gagner en Espagne qu’en France ?
En France aussi. L’an dernier, j’ai remporté deux courses par étapes, le Tour Méditerranéen et le Tour de l’Ain, donc je gagne aussi en France. Et j’ai encore des ambitions sur les courses françaises, bien sûr. Je pense aussi au Dauphiné qui est une course qui me tient à c½ur et sur laquelle j’aimerais réussir quelque chose.
Ces courses, ce sera votre programme en 2012 ?
Oui, un peu. Le Dauphiné et la Vuelta ce sont deux courses sur lesquelles j’aimerai bien marcher mais il y a aussi plein d’autres courses, que je n’ai pas en tête. Car quand je prends le départ d’une course, c’est pour viser la victoire.
« Ces dernières années, le Tour me convenait moins »
N’auriez-vous pas préféré faire sur le Tour de France ce que vous avez fait sur la Vuelta ?
C’est sûr que mes coups d’éclat auraient été moins discrets ! Mais j’ai aussi fait de belles choses sur le Tour de France avec deux victoires d’étapes, une dans mon département et une un 14 juillet. Pour moi, ce sont même mes plus belles victoires et ce sont celles qui ont le plus marqué le public. J’ai également fait 13ème d’un Tour de France. Mais ces dernières années, le Tour me convenait moins.
Est-ce toujours la première semaine du Tour qui vous pose problème ?
Exactement. Je pense que c’est cela qui ne me convient pas sur le Tour de France, la première semaine est toujours difficile, mais plate. Ce ne sera peut-être pas le cas en 2013, avec la Corse ! Mais jusqu’à présent c’était toujours une première semaine toute plate, et je ne vous parle même pas de cette année avec la pluie et le froid. Alors quand on arrive dans la montagne, je suis déjà un peu émoussé.
Vous laissez beaucoup d’énergie dans cette première semaine, c’est ça ?
Oui, je laisse beaucoup d’énergie et après je suis vraiment moins bien. D’autant plus que j’ai remarqué que sur les grands tours, j’étais moins fort dans la troisième semaine, alors que lors du Tour de France, c’est dans cette troisième semaine qu’est concentrée la montagne.
« Si Cofidis a besoin de moi, je viendrai »
Vous verra-t-on aussi sur Paris-Nice ?
Oui, mais surtout dans un rôle d’équipier. Je vais y aller pour aider Rein Taaramäe qui a des ambitions pour le classement général. Mais j’ai vraiment envie de le faire. Rien que pour le chrono sur le col d’Èze !
Et Tour de France ou pas cette année ? C’est décidé ?
Si ça ne tenait qu’à moi, je ne ferais pas le Tour. Il ne fait pas partie de mes ambitions cette année. Je préfère laisser la place à des jeunes qui découvrent cette course car c’est une belle course. Mais le Tour de France reste un objectif central pour l’équipe et s’ils ont besoin de moi pour remplacer un blessé ou aider Rein dans la montagne, je viendrai. Cependant, je préférerais ne pas le faire.
Propos recueillis par Yohann LOSSOUARN et Pascal BERTHO (avec Emmanuel POTIRON)